16 November 1839

Fifth Morning Concert by Gazette Musicale de Paris

 

Paris: Salle Érard

Time: Morning, Two o’Clock

Subscription Concert

Programme

Grand Trio for Piano, Violin and Violoncello (Op.84)Mr. Moscheles, MM. Allard, ChevillardMoscheles
From Le domino noir: AirMme CasimirAuber
From Guillaume Tell: DuetMlle Nathan, M. DuprezRossini
From Characteristic StudiesMr. MoschelesMoscheles
1) Wrath; 2) Reconciliation, 3) Contradiction;
4) A Nursery Tale; 5) Terpsichore
  
From L’Ange déchu: SceneM. GeraldiVogel
Lied, ‘Gretchen am Spinnrade’Mlle NathanSchubert
Song, ‘Ave Maria’
(new French translation by M. Emile Deschamps)
Mlle NathanSchubert
Scene, EgmontM. DuprezDuprez
Free Piano Fantasia, incl. Meyerbeer’s Chœur de baigneuses and one more theme from Les HuguenotsMr. Moscheles 
Principal Vocalists: Mlle Nathan, Mme Casimir; M. Duprez
Principal Instrumentalists: Mr. Moscheles, MM. Allard, Chevillard

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Journal des débats politiques et littéraires (November 14, 1839): 3.

—M. Moschelès n’a pas voulu quitter Paris sans demander der aux Parisiens ces applaudissemens si précieux et dont pas un grand artiste ne peut se passer. La célèbre pianiste jouera done an concert de la Gazette musicale, qui aura lieu samedi prochain dans les beaux salons d’Erard, plusieurs morceaux de sa composition. Dans ce concert que la Gazette musicale offre à ses nombreux abonnés, se feront entendre, en même temps que M. Moschelès, Duprez, Geraldi, Mlle Nathan et Mlle Casimir. M. Moschelès jouera un grand trio, des Etudes caractéristiques, et il improvisera avec cette verve facile et paissante que nous savons tous.

Journal des débats politiques et littéraires (November 2, 1839): 3.

—Une soirée musicale a eu lieu mardi dernier au palais de Saint-Cloud. MM. Schopin et Moschelès ont été admis à jouer du piano devant LL. MM. et LL. AA. RR. ; et tel a été la charma de leur talent et le succès de leur manière, at brillante et si di erse, que la soirés s’est prolongée jusqu’à minuit sans qu’aucun des augustes auditeurs eût quitté la place.

MM. Schopin et Moschelès ont d’abord exécuté alternatiment des morceaux de leur composition. Ensuite ils se sont mis ensemble au piano et ont joué une sonate à quatre mains, composée par M. Moschelès, et dont S. M. la Reine a fait répéter l’andantino. Les habilles virtuoses ont fint par de ravissantes improvisations, M. Schopin sur le thème de la Folle, M. Moschelès sur plusieurs reprises, vivement complimenté cest aristes distingués dont le brillant succès n’a d’ailleurs étonné personne.

Revue et Gazette Musicale de Paris (November 14, 1839): 465.

SALONS D’ÉRARD, 13, RUE DU MAIL.

Samedi, 16 novembre,

A 2 HEURES PRÉCISES.

AURA LIEU LA

CINQUIÈME MATINÉE

DE MUSIQUE DE CHAMBRE,

OFFERTE AUX ABONNÉS DE LA GAZETTE MUSICALE.

1o Trio pour piano, violon et violoncelle, composé par Moschelès, exécuté par l’auteur, MM. Allard et Chevillard.

2o Air du Domino noir chanté par madame Casimir.

3o Duo chanté par M. Duprez et mademoiselle Nathan.

4o Suite d’Etudes caractéristiques composées et exécutées par M. Moschelès.

1. La Colère.—No 2. La Réconciliation.—

No 3. La Contradiction.—No 4. Conte d’en

fant.—No 5. Terpsichore.

5o L‘Ange déchu : scène de Vogel, chanté par M. Geraldi.

Marguerite et Ave Maria, de Schubert, nouvelle traduction française de M. Emile Deschamps, chantés par mademoiselle Nathan.

7o Scène d’Egmont composée et chantée par M. Duprez.

8o Improvisation sur le piano par M. J. Moschelès.

MM. les Abonnés recevront à domicile les billets d’entrée

Reviews

Journal de Paris (November 18, 1839): 3.

Le concert de la Gazette musicale a tenu tout ce qu’il avait promis. Le succès des grands artistes qui y ont pris part a été éclatant. Les salons de M. Erard ont retenti des applaudissemens les plus vifs et les mieux mérites.

Revue et Gazette Musicale de Paris (November 21, 1839): 481-482.

CONCERT DE LA GAZETTE MUSICALE.

La cinquième matinée donnée par la Gazette musicale à ses abonnés n’a pas été moins brillante que celles qui leur ont été offertes précédemment. Malgré la dénomination consacrée par les Italiens de musique de chambre (musica di camera) qu’on lisait sur les billets d’invitation, des morceaux dramatiques de Guillaume Tell et du Domino noir dits par mesdames Nathan, Casimir et M. Duprez, sont intervenus dans cette séance ; mais personne n’a songé à s’en plaindre. C’est la seule infraction, au reste, qui ait été faite aux promesses du programme, que les donneurs de concerts respectent si peu ordinairement.

La séance s’est ouverte par un trio pour piano, violon et violoncelle, composé par M. Moschelès, exécuté par l’auteur et MM. Allard et Chevillard. On connaît le feu, la verve, le goût, le style que mettent dans tout ce qu’ils exécutent les deux derniers de ces artistes ; aussi c’est moins d’eux que nous parlerons que de l’habile pianiste qui semble appartenir à l’Angleterre, comme Clémenti, qu’il s’attache à faire revivre, par la sévérité du style et la grâce de l’exécution. Le trio de M. Moschelès offre un andante et un scherzo du plus délicieux effet. Nous n’en dirons pas autant du finale, qui semble conçu dans une forme quelque peu surannée, mais qui doit plaire cependant aux vieux amateurs des études sévères d’où émanent les formes plastiques de l’art.

Madame Casimir, qui a quitté Paris depuis long-temps et qu’on a revue avec plaisir dans ce remarquable concert venue dire avec sa voix ferme, timbrée et brillante, un morceau du Domino noir, qui, privé de l’illusion de la scène, a paru un peu mesquin et d’une mélodie tourmentée. Quoi qu’il en soit, la cantatrice a reçu un accueil capable lui faire naître l’envie de revenir se fixer dans Paris, si elle n’a déjà l’intention de rentrer dans l’un de nos théâtres lyriques. Duprez et mademoiselle Nathan ont chanté le beau duo de Guillaume Tell, Il est donc sorti de mon âme, etc., ce morceau, tout empreint d’amour, de mélodie et de passion, qu’ils ont dit d’une grâce charmante ; puis sont venues les cinq études caractéristiques par Moschelès, la Colère, la Réconciliation, la Contradiction, le Conte d’enfant et Terpsichore. Ces cinq petits tableaux de genre sont exquis de pensée et de forme. On a pu remarquer que les sentiments passionnés sont ceux qui prêtent le plus aux effets de l’instrumentation et de ce qu’on appelle la musique imitative. Ici, par une disposition constitutive du talent de l’auteur, ce sont les sentiments doux et paisibles qui sont le mieux exprimés. La Réconciliation et le Conte d’enfant nous ont paru supérieurs à la Contradiction et à la Colère. Les deux premières offrent le plus heureux mélange d’intimité et de naïve simplicité ; et puis, un grand avantage pour les amateurs de musique jouable par le temps de foudroyants pianistes qui court, c’est que ces délicieuses élégies si douces et si tendres ne sont pas d’une exécution trop difficile, et par cela même elles plairont à toutes les intelligences musicales qui font maintenant quelques difficultés de s’extasier devant l’exclusive difficulté.

M. Géraldi est venu nous donner le meilleur argument en faveur de la musique facile, en nous faisant entendre l’Ange déchu. Ce petit poëme musical vaut au moins le long poëme de la Chute d’un ange, de M. de Lamartine, et rappelle toute la mélancolie que jette en l’âme la lecture de l’Eloa de M. de Vigny. Jamais M. Vogel n’a été mieux inspiré que lorsqu’il a écrit cette délicieuse ballade, et surtout lorsque l’idée lui est venue d’en confier l’exécution à M. Géraldi.  L’effet de cette petite scène, qui ressemble à une pensée oubliée par Milton dans son Paradis perdu, a été magnétique sur tout l’auditoire, qui l’a redemandée. L’art et l’inspiration dans l’exécution vocale n’ont jamais été mieux fondus ensemble. Émission parfaite de son, cordes basses attaquées sans rudesse et avec un sentiment plein d’onction, intonation tout empreinte d’une tristesse profonde, céleste, divine, telles sont les qualités que M. Géraldi a déployées dans l’exécution de la scène de M, Vogel. Une autre scène plus largement développée, Egmont, composée et chantée par M. Duprez, a succédé à l’élégie racontée par M. Géraldi. Cette scène lyrique, politique, patriotique, a été dite par son auteur avec le beau talent de chanteur que vous lui connaissez. Énergie, amour de la liberté mêlé aux regrets de quitter la vie, tout a été peint en grand artiste par l’exécutant. Et comme pour faire une douce diversion à ces sentiments héroïques qui font sourire d’ironie la société éminemment industrielle de nos jours, mademoiselle Nathan est venue nous dire deux belles mélodies de Schubert, Marguerite et Ave Maria. La péroraison de cette dernière a été pour la jeune cantatrice une sorte de triomphe, par la manière audacieuse avec laquelle elle a attaqué les cordes les plus hautes, par la sûreté d’intonation, le sentiment, l’inspiration dramatique qu’elle a déployés, et comme nous désirons qu’elle en montre souvent au théâtre ; aussi les applaudissements ne lui ont-ils pas manqué.

Une improvisation sur le piano, par M. Mochelès, devait terminer la séance, et c’était là surtout qu’on attendait le célèbre pianiste. En ce qui nous est personnel, nous nous souvenions que, le premier, nous avions expérimenté les facultés improvisatrices de M. Moschelès, lorsqu’il se fit entendre pour la première fois à Paris dans les brillantes soirées données par Ciceri sous la restauration ; et nous nous rappelions encore avec plaisir tout le riche parti qu’il avait tiré d’un thème que nous lui avions donné. Sous ce rapport, ce grand artiste n’a rien perdu de ses facultés créatrices. C’est la même élégance, la même netteté dans les idées et l’exécution. S’il y a moins de plénitude dans le son, moins de fougue dans le trait, il y a plus d’ordre, de clarté dans le savoir. C’est l’homme d’expérience qui pratique la science de la vie avec aisance, urbanité, qui ne crie pas à ses auditeurs : Ecoutez-moi ! J’ai du génie ! Je suis incompris ! Je souffre sous le poids du dieu qui m’accable et m’inspire! Souffrez avec moi ! Applaudissez-moi ! Louez-moi ! ! !…—M. Moschelès est un artiste complet dans la forme plutôt intellectuelle que mécanique, qu’el a reçue de la nature; et sous ce rapport, avant de l’avoir entendu de puis long-temps, nous tenions de Meyerbeer lui même, dont l’opinion en vaut bien une autre en musique, que le talent du célèbre pianiste avait beaucoup grandi depuis dix ans. Il nous en a donné du moins la preuve comme improvisateur. Après une introduction qui, dès l’abord, a commandé l’attention, il a attaqué le chœur des baigneuses dans les Huguenots, puis, abandonnant ce thème, après l’avoir délicieusement varié, il est entré dans celui si franc et si caractérisé de l’introduction du même opéra lorsque les chevaliers sont à table chez le comte de Nevers ; puis réunissant ces deux pensées, étonnées de se trouver ensemble, il arrive avec ces deux mélodies accouplées à une péroraison aussi riche que neuve par le calcul harmonique et spontané  qui fait de ces deux sujets un tout homogène. Certes, ce, travail original et piquant, résultat de la connaissance approfondie du contre-point, est chose curieuse et intéressante ; et ce nous a été une occasion de remarquer que le public français n’est pas encore mûr pour apprécier dignement cette inspiration calculée, si l’on peut ainsi s’exprimer pour caractériser le savoir profond uni à une belle organisation musicale. Au centre d’un des salons de M. Erard où s’était empressée d’accourir une nombreuse assemblée pour assister à ce brillant concert, deux ou trois personnes ne comprenant pas sans doute ce qu’il y avait d’intéressant, dans l’idée complexe de l’improvisateur, et prenant cette péroraison pour ce qu’on appelle le chœur des banquettes à l’Opéra-Comique, ou quelque plate cadence finale d’un morceau italien, se sont levées pour s’en aller. Il faut dire cependant que cette ardeur de partir deux ou trois minutes avant la fin a été paralysée par l’unanimité de l’auditoire. Cela, du reste, a prouvé comme en d’autres assemblées, que ce n’est pas par le sentiment du beau et des convenances que le centre se distingue. A cela près de ce petit épisode qui a frappé l’œil de lynx de la critique, chargée de voir et d’analyser tout, les choses se sont passées à la satisfaction générale, et chacun s’est bien promis d’être exact au rendez-vous que lui donnera la Gazette musicale, qui fait entendre de si bonne musique par d’aussi éloquents interprètes.

HENRI BLANCHARD.

The Morning Post (November 26, 1839): 3.

Moscheles, before taking leave of our capital in return to England, gave his Paris friends a musical treat which will long dwell in their memory. A concert given on Saturday, the 16th instant, at the salons of Mr. Erard, had attracted a dense crowd, for it was known that this would be the only opportunity of hearing Moscheles, and nothing could surpass the taste, bravoura, and profound science displayed in his compositions and performances of that morning. His new characteristic studies, and amongst them that lovely morceau, “A Nursery Tale,” drew down showers of applause; and his extemporaneous fantasia on two themes of The Huguenots blended in the most bewitching manner, stirred up the audience to such a degree that when Moscheles left the piano one lengthened “Bravo” resounded all about him. May this truly classical pianist prove to us, by his speedy return to our capital, that he has not been dissatisfied with his reception among us.—Extract from Parisian Journals.

….

The Gazette Musicale, which by the is a very clever publication, and far superior to the weekly trash put forward in the France Musicale (the latter has been lately attacking Mozart), has had its fifth matinée musicale. The vocal department rested on DUPREZ, GERALDI, Mesdames NATHAN and CASSIMER. The instrumental consisted of a trio for pianoforte, violin, and violoncello, composed by MOSCHELES, and executed by him and MM. ATTARD and CHEVELLARD; five pianoforte studies by MOSCHELES, Anger, Reconciliation, Contradiction, the Nursery Tale, and Terpsichore, played by the composer; and an improvisation by the latter, in which he took for themes two choruses from MEYERBEER’S Huguenots, and treated them with consummate skill and effect. MOSCHELES has since returned to London.

The Musical World, a Weekly Record of Musical Science, Literature, and Intelligence, vol. XII, (November 28, 1839): 489-490.

MOSCHELES, before taking leave of our capital to return to England, gave his Paris friends a musical treat which will long dwell in their memory. A concert given on Saturday, the 16th inst., at the salons of Mr. Erard, had attracted a dense crowd, for it was known that this would be the only opportunity of hearing Moscheles, and nothing could surpass the taste, bravoura, and profound science displayed in his compositions and performances of that morning. His new characteristic studies, and amongst them that lovely morceau, “A Nursery Tale,” drew down showers of applause; and his extemporaneous fantasia on two themes of The Huguenots, blended in the most bewitching manner, stirred up the audience to such a degree, that when Moscheles left the piano one lengthened “Bravo” resounded all about him. May this truly classical pianist prove to us, by his speedy return to our capital, that he has not been dissatisfied with his reception amongst us.    

….

The Gazette Musicale has had its fifth matinee musicale. The vocal department rested on Duprez, Geraldi, Mesdames Nathan and Cassimer. The instrumental consisted of a trio for pianoforte, violin, and violencello, composed by Moscheles, and executed by him and MM. Attard and Chevellard; five pianoforte studies by Moscheles, Anger, Reconciliation, Contradiction, the Nursery Tale, and Terpsichore, played by the composer; and an improvisation by the latter, in which he took for themes two choruses from Meyerbeer’s Huguenots, and treated them with consummate skill and effect. Moscheles has since returned to London.

Neue Zeitschrift für Musik (December 6, 1839): 184.

Der Redacteur der Gazette musicale in Paris gab am 18ten Nov. seinen Abonnenten abermals eine Matinee, in der auch Moscheles spielte. Die Redaction der France musicale hat nun auch Concerte angekündigt.

Allgemeiner Musikalischer Anzeiger (December 12, 1839): 264.

Moscheles ist wieder nach London abgereist. Er spielte zuletzt in einem Concert, welches Hr. Schlesinger gab, und nahm den Beyfall aller Kenner mit sich.

15 November 1839

Opening Concert of the Salon

 

Paris: Salle Zimmerman

Programme

Principal Vocalists: Mlle Heinefetter; M. Ponchard
Principal Instrumentalists: Messrs. Cramer, Moscheles

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Programme Notes: The piano brand was Pape.


Review

Le Ménestrel; journal de musique (November 24, 1839): 4.

—M. Zimmermann vient de rouvrir ses brillans salons : c’est le premier et le troisième vendredi de chaque mois qu’auront lieu désormais ces intéressantes soirées que l’artet la fashion ont depuis longtemps placées sous leur patronnage. A la séance du 15 de ce mois deux vieilles notabilités allemandes, MM. Moschelès et Cramer, ont livré leur talent solide et classique à l’appréciation de nos connaisseurs. Le succès ne pouvait être contesté ; l’eût-il été, un glorieux passé serait là pour imposer silence à quelques impitoyables aristarques de nos jours. Ponchard et Mlle Heinefetter ont completté l’attrait de cette première séance, fidèle avant-courrière d’une saison féconde en jouissances musicales.

Le furet des salons; journal du monde élégant, de l‘industrie et des théâtres (December 1, 1839).

Salon de M. Zimmermann.—Roméo

Et Juliette de M. Berlioz.

Les salons de M. Zimmermann sont‘ ouverts ; une foule élégante s’y porte avec empressement. N’est-elle pas sûre de trouver là une hospitalité charmante et d’excellente musique bien exécutée ? Nous avons assisté au dernier concert de M. Zimmermann. Ponchard, Moschelès et une cantatrice allemande dont nous ignorons le nom, et qui, si nous ne nous trompons, chantait pour la première fois à Paris, et non moins qu’eux M. Zimmermann lui-même et Mlle Zimmerman, ont eu, à juste titre, les honneurs de la soirée. Tout le monde connait Ponchard et sa délicieuse méthode. L’âge altère la voix, et tant de chanteurs n’ont pas d’autre ressource ! l’âge blanchit les cheveux, ride le visage, et tant de chanteurs seraient bannis des concerts si leur noire chevelure ne tombait en boucles artistement préparées sur des joues fraîches et jeunes ! mais l’âge ne détruit pas une méthode de chant ; aussi Ponchard n’aura-t-il pas la douleur de se survivre à lui-même ; il chantera toujours, et toujours avec succès.

Il est difficile pour ceux qui n’ont pas entendu Moschelès de se faire une idée de la verve entraînante, de la richesse d’exécution de cet habile pianiste. Allez l’entendre, et vous nous direz s’il n’est pas un digne émule des Liszt, des Thalberg, des Schopin.

En somme, ce concert était satisfaisant à tous les points de vue. Il y a dans le salon de M. Zimmermann un parfum de bonne compagnie qui prévient favorablement pour tout ce que l’on vient voir et r entendre. Des femmes jeunes et belles, dont le pied est petit, et le soulier encore plus petit que le pied, viennent y montrer leurs visages et leurs sourires ; des hommes célèbres dans les arts, dans les sciences, dans la politique y apportent aussi leurs applaudissements. On reste deux heures dans cette brillante assemblée, et l’on regagne son logis avec toutes les satisfactions de l’oreille, de l’esprit et du bon goût.

Du concert de Zimmermann à la représentation de Berlioz il n’y a pas de transition possible : l’un est le produit élégant et déjà ancien de la politesse et du savoir-vivre ; l’autre, c’est le nouveau, le grand drame shakespearien, c’est-à-dire quelque chose de fort et d’immense comme une forêt vierge, comme les montagnes, comme la mer, comme les sévères et vastes aspects de la nature. Notre collaborateur, M. d’Aressy, se serait cru un profanateur si, après une seule audition, il avait songé à rendre compte de l’œuvre de M. Berlioz. Nous ne voulons pas être indiscrets ; à lui seul de décrire les impressions diverses que cette vigoureuse musique a Produites sur son âme. Ce que nous pouvons dire aujourd’hui, c’est que les hommes les plus distingues de France, les femmes les plus renommées pour leur goût et leur esprit ont constamment Clouté, avec l’attention la plus soutenue, la tragédie lyrique de M. Berlioz ; que les applaudissements les plus sympathiques sont partis à diverses reprises de cette foule intelligente et choisie.

Le plus fécond de nos romanciers, l’anatomiste de l’âme, celui qui n’oublie pas un cheveu dans la description d’un homme, un grain de poussière dans la description d’un appartement, l’homme qui découvre le génie dans l’écartement des fosses nasales, la profondeur dans la forme des ongles, les dispositions amoureuses aux attaches des poignets, illustre des maréchaux de France, le grand Balzac enfin, ne sait pas la musique. Cette grande découverte a été faite dimanche dernier par M. d’Aressy, qui en est demeuré tout stupéfié. M. de Balzac ne sait pas battre la mesure et est soupçonné d’avoir la voix fausse. Femme de trente ans, couvre la tête de cendre et ceins-toi d’un cilice !!! T. D’ARCUEIL.

n.d. iii) October 1839

Grand Evening Party

Paris: Friedrich Kalkbrenner’s Residence

Programme

Grande Sonate in E Flat Major for Piano Four-Hands
(Op.47) (first time of performance)
Mr. Moscheles, [?]Moscheles
Principal Instrumentalists: Messrs. Moscheles, [?]

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Charles Hallé: Moscheles had often been at my house in Paris, even daily during the few months which he spent there, occupied with the composition of his second pianoforte sonata for four hands. I have indeed reason to remember that sonata, for whenever he had added twenty or twenty-four bars to the unfinished work, he came to me with the beautifully written manuscript to try them over. And in order to give them their due effect, as he said, we had always to begin from the introduction and to go through the whole sonata until the new portion was reached, so that for every twenty new bars in the finale, we played the introduction, the allegro, the  andante, the scherzo, and the finale, so far as it was ready. Often I was fetched from my house even as late as midnight by the amiable and charming Madame Moscheles, because they had a few friends with them who were anxious to hear the sonata. I must have played it a few hundred times in this mutilated way before, on its completion, Moscheles gave a grand evening party at Kalkbrenner’s house to produce it before the artistic and literary world. It met with success, but has never eclipsed the first sonata, which remains superior to it in freshness of ideas.

[Charles Hallé, Life and Letters of Sir Charles Hallé; Being an Autobiography (1819-1860) with Correspondence and Diaries, ed. Charles Edward Hallé and Marie Hallé (London: Smith, Elder & Co., 1896), 108-109.]

n.d. ii) October 1839

Musical Soirees

Paris

Programme

EtudesMr. MoschelesMoscheles
Fugue in F minor for Piano Four-HandsMessrs. J. B. Cramer, MoschelesMozart
Grand Trio for Piano, Violin, and Violoncello (Op.84)Mr. Moscheles, [?], [?]Moscheles
Grande Sonate in E Flat Major for Piano
Four-Hands (Op.47)
Mr. Moscheles, [?]Moscheles
Piano Concerto No.2 in D minorMr. Moscheles, [?]Mendelssohn
Piano Fantasia, The Recollections of Ireland with Orchestral AccompanimentsMr. Moscheles Moscheles
Piano MusicMr. MoschelesBeethoven
Piano MusicMr. MoschelesWeber
Principal Instrumentalists: Messrs. J. B. Cramer, Moscheles

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Programme Note: The above music programme may refer to two musical soirees—The Fugue in F minor for Piano Four-Hands may refer to the Adagio and Allegro in F minor for Four-Hands, K.594.


Charlotte: ‘Am selben Abend findet wieder eine musikalische Soiree statt, so wie auch am Vorabend eine war und am folgenden Abend eine sein wird, und Moscheles spielt sein eignes Trio und Mendelssohns D-moll-Concert, das zu seinem Aerger „schlecht verstanden wird“, Beethoven, Weber, eigne Etüden, seine irländische Fantasie und Mozarts Fuge in F-moll mit Cramer, der zur Zeit in Paris lebt; nie aber darf bei diesen musikalischen Zusammenkünften die vierhändige Es-dur-Sonate von Moscheles  fehlen. Stephen Heller nennt das Tagebuch „einen interessanten jungen Künstler und lieben Menschen“ ’. [AML II, 40.]

n.d. i) October 1839

Soiree

Paris: Auguste Leo’s Residence

Programme

Piano MusicMr. Chopin 
Piano MusicMr. Moscheles 
Principal Instrumentalists: Messrs. Chopin, Moscheles

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Moscheles: ‘We are living here in the fullest enjoyment of our freedom and independence, and at Leo’s, where I love to make music, I first met his friend Chopin, who had just returned from the country. His appearance is completely identified with his music—they are both delicate and sentimental (schwärmerisch). He played to me in compliance with my request, and I now for the first time understand his music, and all the raptures of the lady world become intelligible. The ad libitum playing, which in the hands of other interpreters of his music degenerates into a constant uncertainty of rhythm, is with him an element of exquisite originality; the hard inartistic modulations, so like those of a dilettante—which I never can manage when playing Chopin’s music—cease to shock me, for he glides over them almost imperceptibly with his elfish fingers. His soft playing being a mere breath, he requires no powerful forte to produce the desired contrasts; the consequence is that one never misses the orchestral effects that the German school demands of a pianoforte-player, but is carried away as by some singer who troubles himself very little about the accompaniment, and follows his own impulses. Enough; he is perfectly unique in the world of pianoforte-players. He professes a great attachment for my music, and at all events knows it perfectly. He played me some of his Studies, and his latest work, Preludes; I played in return several things of my own…. Chopin was lively, cheerful, nay, extremely funny in his imitations of Pixis, Liszt, and a humpbacked pianoforte connoisseur’.